Lorsqu'on observe les activités des ingénieurs high tech français, on constate qu'ils sont beaucoup plus ouverts sur le monde qu'il y a quelques années, que leur savoir faire s'exporte naturellement, et qu'ils sont de plus en plus innovants.
En résumé la France dispose d'un fort potentiel en matière d'éducation et d'industrie. Toutefois, ce potentiel s'érode depuis quelques années.
1/ on ne forme plus assez d'ingénieurs. Je ne parle pas seulement de technophiles, mais de personnes en mesure de piloter des projets techniques, sur la base d'un savoir faire technique, mais aussi humain, organisationnel, financier et qui sachent communiquer. On forme des techniciens ultra spécialisés, et qui, surfant sur la technologie du moment, alimentent les contingents d'assistance technique fournis par les grandes SSII. Non seulement ils sont insuffisamment formés, mais souvent leur première expérience rétrécit encore leurs compétences et leur vision des projets.
2/ l'industrie française, qui a perdu une grande partie de sa capacité de production, est en train de lâcher des pans entiers de sa R&D. La part de l'industrie dans la valeur ajoutée nationale n'est plus que de 16 %, contre 30 % en Allemagne.
Comment s'en sortir ?
En prenant conscience que l'économie du futur, même si elle devra s'appuyer sur des modèles mutants qui privilégient l'usage à la possession, aura toujours besoin de produits et de capacité de production de ces produits.
En imaginant une économie circulaire qui relie entre eux des activités qui auparavant s'ignoraient, et qui combine innovation industrielle et bienfaits écologiques.
Quels que soient ces nouveaux modèles, ils auront besoin des ingénieurs à la tête bien faite, disposant d'une culture technologique et économique étendue, et ayant la capacité d'introduire des innovations économiques mais aussi technologiques.
Avec ces nouveaux ingénieurs en relation constante avec le pays et le monde, on pourra s'en sortir.